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Archive pour mai 2011

Media : LE FORUM – Sophie Guillemin

Extrait de l’interview lors de l’émission télé France 24 : Journal de la Culture.

– Pour le court métrage : Le forum
– Sophie Guillemin

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Article : Le Soire

Salim Jay : Hafid Abdoulahyane raconte un coup de foudre pour une bibliothécaire

Au moment où j’écris ces lignes, le réalisateur de La marche des crabes, qui se révèle remarquable comédien en y jouant le rôle principal, est au volant de la voiture familiale où il se relaiera avec son père jusqu’à Agadir. Ensemble, ils ont quitté les Ulis, ville si nouvelle dans la région parisienne-elle a seulement trente ans –que je ne suis pas sûr d’en avoir connu le nom avant de l’entendre prononcé par Hafid Aboulahyane. Celui-ci raconte dans son moyen métrage le coup de foudre d’un jeune homme (qu’on voit se déplacer en chaise roulante) pour une bibliothécaire que ses jambes mèneront loin de lui.

Hafid Aboulahyane est né à Orsay, dans l’Essonne, il y a un peu plus de trente ans. Il a donc tout juste l’âge des Ulis où, enfant, il joua au football avec un gosse qui deviendra Thierry Henri. Champion du monde avec l’équipe de France. On sait que les footballeurs doivent manifester leurs capacités d’improvisation.

En matière d’improvisation, Hafid a un sacré passé : douze années à la Ligue d’improvisation, laquelle fut la matrice artistique de Jamel Debbouze.

Comédien au jeu très juste, Aboulahyane interprète avec infiniment de tact et d’émotion le personnage central de la Marche des crabes. On y remarque aussi Djamel Alam, dans le rôle du père, la chanteuse Laam, d’origine tunisienne et Naïma Illias, grande dame du théâtre marocain que la généreuse Naïma Lemcharki présenta à Hafid.

Laam elle, obtint un disque d’or avec son interprétation de «Je veux chanter», l’une des belles chansons de Michel Berger qui était un orfèvre en la matière.

L’une des raisons d’aimer La Marche des crabes, c’est la prestation de Booder dont on connait bien la sympathique trogne.

S’il a confectionné son nom d’artiste en hommage au joueur de foot Aziz Bouderbala, Booder est un artiste de la mimique qui sait faire passer dans son regard l’espoir et la nostalgie aussi bien que la farce ou la tendresse.

Salué lors de la sixième édition du Festival International du Film de Dubaï lors de sa projection dans la sélection appelée Focus du Film français, le moyen métrage de Hafid Aboulahyane a carrément reçu quatre distinctions au Festival International du Film d’Amiens : le Prix du Public et, plus original encore, le Prix de la Maison d’Arrêt d’Amiens, le Prix du Public décerné par les détenus (hommes) et le Prix du Public décerné par les détenues.

A Agadir, en février, c’est un public chaleureux qui a applaudi la projection de La Marche des crabes. On ne s’en étonne pas car Hafid, dont le nom de comédien est… Hafidgood, joue avec le cœur. Et il sait s’entourer : on voit aussi dans son film Messaoud Hattou qui a plus d’une flèche à son arc, ayant écrit Michou d’Aubert pour le réalisateur Thomas Gilou.

Ecrivant cette chronique le jour du deuxième tour des élections régionales en France, j’aurai garde de ne pas oublier de mentionner le remarquable court-métrage qu’a réalisé Hafid Aboulahyane et qui a été notamment diffusé sur la Chaine parlementaire : Le Forum. Cette incitation à s’inscrire sur les listes électorales est filmée comme un ballet d’idées avec un magnifique respect des visages, des mots, des usages et du courage ou du découragement des uns et des autres.

Le comédien et réalisateur, mais aussi nouvelliste et romancier Samuel Benchetrit, qui est né au Maroc, apparait dans La Marche des crabes. Hafid Aboulahyane pratique l’attention aux autres et le besoin d’aimer et d’être aimé.

En attendant de trouver la femme de sa vie, il va tourner dans le nord de la France et au Maroc son premier long-métrage, en cours d’écriture, mais auparavant, il sera livreur de pizzas dans Gino Story, le prochain long métrage de Samuel Benchetrit. Hafid Aboulahyane est venu me raconter tout ça dans le petit appartement qui sert de décor final à Embourgeoisement immédiat. Ce n’est bien sûr pas l’heure ni le jour de vous parler de ce roman, mais il me reste à vous révéler que le jeune comédien et réalisateur est arrivé chez moi avec un gâteau à la crème dans les mains.

Il s’est appliqué à le manger tout seul, tandis que je regrettais de ne pas avoir eu le réflexe de m’en saisir illico en lançant : «Comme c’est gentil ! Merci» A ma place, lui garderiez-vous rancune de sa voracité ?

 

Source : http://www.lesoir-echos.com/2010/03/23/salim-jay-hafid-abdoulahyane-raconte-un-coup-de-foudre-pour-une-bibliothecaire/

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Emission TV Club VIP

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Article : Respect Mag

Respect Magazine : Article : http://www.hafidgood.tv/

Hafidgood : «développer un cinéma de couleur

13 Septembre, 2009 Par: Réjane Ereau Paris, juin 2009. Hafid Aboulahyane (dit Hafidgood) a le trac : son court-métrage « La marche des crabes » est projeté pour la première fois en public. Bonne nouvelle : les gens sont venus, même trop ! Une deuxième séance est organisée en urgence…

Hafid Good lors du tournage de la Marche des Crabes - http://www.hafidgood.tv« Ce film, je l’ai dans la tête depuis sept ans, raconte Hafid. J’ai écrit quinze versions du scénario ! J’y ai mis toute mon énergie. Au total, il représente trois ans de ma vie. » Pourtant, au départ, le garçon n’est pas réalisateur mais acteur. « J’ai commencé à la ligue d’impro de l’Essonne, avant de suivre une formation d’art dramatique puis de jouer dans des séries télé. »

2001, les Twin Towers s’effondrent, l’emploi des comédiens basanés aussi. « Comme je ne suis pas du genre à attendre que le téléphone sonne, j’ai créé ma boîte de prod. » Avec l’envie de développer un « cinéma de couleur », genre « comédie sociale urbaine », dans la lignée des «Cassavetes, Loach, Kechiche, Benchétrit »…

Pour La marche des crabes, tout commence par une discussion avec Kaem, rappeur paraplégique. « On a souvent un regard de pitié sur les handicapés, alors qu’ils peuvent être mobiles, autonomes. J’ai eu envie de travailler là-dessus. Kaem m’a beaucoup appris, il m’a permis de rendre le personnage crédible. » Au point d’être, selon son pote, prêt pour les concours de wheeling !

Pour autant, le film n’est pas sur le handicap. « C’est avant tout une histoire d’amour, entre Sami, incurable romantique en fauteuil roulant, et Sahra, mère célibataire désabusée. » Et s’il se passe en banlieue, si les comédiens ont des têtes de rebeus (dont une Lââm excellente en soeur protectrice et un Booder craquant), il évite les stéréotypes.

La suite ? « Depuis que France 2 a acheté le film, pas mal de festivals souhaitent le programmer. J’ai envie de le défendre, mais ce sera mon dernier court-métrage. Je travaille sur un long : un roadmovie au départ de la banlieue, avec des acteurs confirmés. Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’à chaque création, tu remets ton titre en jeu ! » En parallèle, Hafid continue la course au casting, prépare un spectacle de stand-up. Et lâcherait volontiers la production, « si je trouve quelqu’un qui comprenne mon univers ». À bon entendeur…

La marche des crabes : diffusion sur France 2 le 11 octobre, dans Histoires courtes

Source : http://www.respectmag.com/hafidgood-«développer-un-cinéma-de-couleur»

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Article : Africultures

Article : Africulture : hafidgood.tv

« J’essaie de développer une famille et de ne pas la perdre » entretiende Samir Ardjoum avec Hafid Aboulahyane

http://www.hafidgood.tv

HafidGood. C’est le blaze d’une société de production dont le gérant est un jeune réalisateur français qui du haut de ses 32 ans arbore fièrement un sourire mérité. Comédien, producteur et réalisateur de plusieurs courts-métrages, Hafid Aboulahyane revient avec un nouveau film intitulé La Marche des crabes. Dans cette histoire d’amour impossible entre un paraplégique et une mère célibataire, l’auteur distille beaucoup de générosité. S’il n’échappe pas à quelques excès dramaturgiques, il témoigne d’une pensée en mouvement qui ne peut être mise de côté. La mise en scène d’Aboulahyane regorge de fulgurances poétiques qui ont emmené le film dans de nombreux festivals : Amiens

– Prix du public
– Prix de la maison d’arrêt
– Bruxelles, Dubaï, Festi’valloire
– Prix du jeune public -, Agadir, Abidjan
– Prix de la meilleure bande son
– Festival panafricain de Cannes
– Maghreb des films, Béjaïa
– Festival international Lumières d’Afrique de Besançon.
Il nous fallait rencontrer cette figure dynamique.

 

Pourquoi ce titre intriguant, « La Marche des crabes » ?

Inconsciemment, cela représente la dérive de l’esprit humain. Quelque soit son origine, sa façon d’être, de voir la vie, l’être humain questionne ses doutes. Il peut alors marcher de travers, d’où ce titre qui renvoie à des gros points d’interrogations. Et à travers cette histoire d’amour, il était impératif pour moi de convoquer cette réflexion.

T’es-tu inspiré d’éléments personnels ?

Pas tant que ça. En dehors de deux ou trois choses, le film regorge surtout d’anecdotes liées à mon entourage, sans pour autant ne filmer que ça. Nous avons tous eu, un jour ou l’autre, le même souci qui est celui de l’affection.

Comment t’es venu l’idée du film ?

Suite à une rupture amoureuse. J’étais vraiment amoureux de cette fille, j’avais la vingtaine et c’est le genre d’amour qu’on n’oublie pas. D’ailleurs, je l’ai rencontrée à un mariage tout comme mon personnage de La Marche des crabes. C’est le seul instant qui ne soit pas romancé. J’ai revisité à travers cette salle de mariage tout un pan du cinéma qui me sensibilise. Quand je fais ce plan séquence au tout début du film, je pense à l’ouverture de Femme fatale de Brian de Palma. J’essaie de travailler le côté technique, d’intensifier le jeu d’acteur. Puis plus tard, j’utilise la caméra à l’épaule comme Cassavetes. Bref, pour revenir à mon histoire d’amour, nous avons malheureusement rompu. Cela m’a beaucoup marqué et progressivement, j’en ai utilisé la base pour réaliser mon film. Vers 2001/2002, j’ai écris un premier jet mais je le trouvais trop dramatique. L’écriture étant douloureuse, je trouvais que le pathos était trop présent. Un soir, dans une discothèque, j’ai croisé un paraplégique. Là, j’ai décidé d’affubler mon personnage de ce handicap.

N’avais-tu pas peur de tomber dans le pathos ?

Je ne pense pas. Il y avait des pistes de réflexion qui m’amenaient à cette conclusion : l’handicap est une métaphore. Que cela soit l’intolérance, le regard des autres, le comportement de certains. Le fait que mon personnage soit paraplégique bouscule les conventions.

As-tu réalisé ce film dans l’urgence ?

Pas du tout ! Ce film, je l’ai réalisé crescendo. Quand j’ai commencé en 2003 à faire des courts, je m’étais fixé un objectif précis : commencer mon premier long en 2010. Je n’ai pas fais de grandes études, je n’ai pas mon bac et Dieu sait qu’il faut l’obtenir pour aspirer à entrer dans une école de cinéma. Donc, muni de ce handicap, je suis allé au charbon et j’ai appris sur le tas. C’est pour cela que j’ai mis tous les moyens nécessaires dans La Marche des crabes pour réaliser un film dans les règles de l’art et enfin passer à autre chose : le long-métrage. La Marche des crabes a été refusé quatre fois par le CNC. Je suis assez satisfait du résultat final, j’entends par là au niveau de la démarche artistique. Je suis conscient de quelques soucis technique mais au final, je suis content.

La Marche des crabes est en quelque sorte un exercice de style ?

Tous les courts métrages, par définition, sont des exercices de style. Je pars du principe que je suis constamment dans l’apprentissage. C’est comme la boxe, tu remets ton titre en jeu en permanence. Quand tu écris ton premier film, il peut fonctionner…par contre, ton second peut essuyer un échec. Rien n’est acquis. Tu es tout le temps dans la stimulation. Tu repousses tes limites. Me concernant, il n’y a rien de pire que d’être dans le confort artistique.

Est-ce que le cinéma a toujours été une nécessité dans ta vie ?

Bizarrement, non ! Bon, parlons de l’école. Cette étape fut pour moi douloureuse…et puis je pense que le système éducatif ne m’était pas approprié. Et c’est en croisant l’art sous toutes ses formes, que j’ai vraiment pris conscience de mes capacités. Cela m’a sauvé la vie ! J’ai commencé la ligue d’improvisation puis ensuite les cours de théâtre. J’ai navigué entre rôles à la télé et petites apparitions au cinéma. Très vite, je me suis rendu compte que je devais réaliser des choses en toute autonomie. Si tu veux, je ne pouvais plus supporter qu’on me réduise à des rôles de « barbares », je veux dire, des gangsters, des terroristes…donc, je me suis lancé dans des objectifs plus personnels.

Réalisateur et comédien : porter deux casquettes n’a pas été difficile pour toi ?

Non. Un journaliste de France Inter m’avait choqué en me demandant si l’on pouvait me prendre au sérieux avec cette double casquette. D’autres l’ont fait avant moi, je ne vois pas pourquoi j’en serais interdit. Bien sûr, il y eut de nombreuses remises en question. Souvent, je perdais confiance en mon jeu, mais comme je te le disais, il faut se battre, prendre du recul et surtout être humble. Du coup, en tant que réalisateur, je sais exactement comment diriger les comédiens.

Tu t’identifies à certains films ?

J’aime beaucoup la thématique urbaine dans le cinéma ou bien ces comédies sociales telles que La Garçonnière (Billy Wilder, 1960) ou Affreux, sales et méchants (Ettore Scola, 1976). Sinon, en France, et toujours dans la thématique urbaine, La Haine de Mathieu Kassovitz (1995) m’a beaucoup sensibilisé. Mais le film qui m’a scotché, qui m’a donné envie de faire du cinéma, c’est La Bamba (Luis Valdez, 1987) sur un jeune rocker. Tu vois, je suis un cinéphage, je peux admirer et prendre des choses dans La Règle du jeu de Renoir comme dans un film tel que La Bamba.

Ce sont vraiment deux extrêmes !

Oui, mais ce sont des thématiques qui sont récurrentes. Je suis un spectateur qui peut être ému avec les films de Kéchiche comme ceux de Kassovitz ou Djamel Bensalah. Pour ce dernier, je sais pertinemment qu’il est assez critiqué, mais il assume pleinement son statut et ce qu’il veut faire. J’aime cette liberté.

Tu évoquais ton adolescence et surtout cette envie de jouer pour régler ses comptes…

Pas tout à fait. Sans rentrer dans les détails, j’ai vécu des moments où l’amour était quasi absent. Des situations où il m’était impossible de m’identifier à cette normalité. Et c’est à travers le théâtre que j’ai pu m’échapper et surtout apprendre et découvrir des choses aussi belles qu’intrigantes. Le jeu reste encore un exutoire que je n’ai pas suffisamment exploité. Je suis encore sur le banc des joueurs, tel un remplaçant et je n’ai pas encore réellement développé ce que pouvait m’apporter un jeu.

Ne te sens-tu pas en marge de la société…quelque chose de l’ordre de l’anachronisme ?

Ce n’est pas la première fois que l’on me pose cette question. Je suis un romantique et je l’assume pleinement. Mais être romantique ne signifie pas être un idiot. Je veux raconter des histoires contemporaines. Certes, je me suis crée une espèce de bulle mais je peux y façonner un imaginaire. Le cinéma m’aide à raconter de belles histoires. Tu vois, travailler avec un comédien, c’est le fréquenter assidûment. Discuter avec lui, vivre des mois avec lui afin qu’il s’identifie à mon univers. Je me sens proche en cela d’un Cassavetes. J’aime son cinéma, cette idée de famille. J’essaie d’avoir ma propre famille, des comédiens, des techniciens. Il y a un réalisateur et écrivain avec qui je suis m’entends très bien, Samuel Benchetrit. C’est le genre d’exemple qui m’aide à concrétiser des objectifs intimes. Il y aussi Rachid Djaïdani, un grand poète et un frère pour moi. Il a une vision intelligente de la société et surtout je le trouve très en avance sur son temps. Son phrasé est juste et je n’ai pas l’impression de perdre mon temps avec lui. Cette famille, j’essaie de la développer et de ne pas la perdre.

 

Source : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=9847

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