Bio

Hafid Aboulahyane - Photo - Bio - http://www.hafidgood.tvNé en 1978, à Orsay dans l’Essonne (France). En 1994, il s’inscrit au cours d’art dramatique Dominique Viriot, pour trois ans.

À partir de 1999, il fait ses premiers pas au théâtre, très vite suivis de rôles pour le cinéma et la télévision. Parallèlement, il s’initie à l’écriture de scénarii et à la réalisation. En 2005, il crée sa société de production et produit des courts métrages et des documentaires de jeunes talents issus de la banlieue.

Ses propres films se composent de « La Chemise bleue » (2007), « Le Forum » (2007) et « La marche des crabes » (2009).

Born in Orsay in Essonne (France), Hafid Aboulahyane, made his debuts in cinema, by attending the courses of Dominica Viriot for three years of dramatic art.

In 2009, he did theatre briefly before getting roles in the cinema and television. Very early, he did script writing and directing.
In 2005, he founded his production company that the first products are short films and documentaries for young shanty town talents. His own films are « La chemise bleue » (2007), « Le forum » (2007) and « La marche des crabes » (« The Walking crabs », 2009).

Entretien pour un Autoportrait

Bio - http://www.hafidgood.tv“Hafidgood, c’est mon nom d’artiste, un nom inscrit dans mon ADN et qui me colle à la peau”. Ainsi se présente Hafid Aboulahyane, en un jeu de mot emprunté à James Brown pour se définir et s’exposer. Un nom qui sonne comme le manifeste optimiste d’un jeune acteur né en banlieue parisienne (Les Ulis) et se reconnait comme tel.

Le nom d’un gosse promis au pire et qui collectionne les « Impossible à rattraper » et les « irrécupérable » comme bonnes notes et autant de trophés scolaires ! Pré-Ado, il persiste : « Mr Hafid arrêtez de rêver ! Faites quelque chose de sérieux” !

En vain ? Pas si sûr. Car d’un coup, à l’âge de treize ans, une prof’ lui fait découvrir le théâtre, l’improvisation et le travail qui va avec.

“Les premiers Battle de match d’impro sur le bitume me permettent de gagner une certaine aisance”.

Et le mauvais sort se détourne de lui : Hafid touche du doigt un monde nouveau.

Il part en tous sens, de l’Impro au théâtre amateur, de la radio (Beur FM, une émission chaque Samedi soir pendant trois ans) au cinéma. En spectateur avide de la cinéphilie active, à Paris, dans le sillon tracé par Henri Langlois. De Cinémathèque en obscures salles de quartier, le cinéma et ses comédiens s’emparent de lui. La scène l’appelle et le ronge, le tire vers un monde qui doit devenir le sien.

Hafidbad cède le pas. Hafidgood décide de tirer le meilleur de lui même et s’inscrit au Cours Viriot, il a dix huit ans, il ne dort pas beaucoup. Pendant trois ans, il alterne les cours, les petits boulots, la cinémathèque (les classiques n’y sont pas chers). En trois ans il travaille plus que pendant toute sa scolarité. Il découvre aussi sa double identité :

Bio - http://www.hafidgood.tv“Cette position d’entre deux, me donne le recul pour observer ces deux milieux si différents : le monde des parisiens et celui du ghetto, deux univers qui se touchent sans se connaître. Dans ces deux milieux si différents en apparence, j’ai rencontré d’authentiques faux culs et aussi de vrais personnes ! Ces rencontres et ces déchirures répétées m’ont été bénéfiques, elles m’ont léguées une mentalité de coureur de fond.”

« Je suis un acteur, profondemment, prioritairement. Parfois je me sens comme un footballeur laissé sur le banc de touche. En manque de temps de jeu !

« Le soir quand j’ai passé ma journée à écrire, je sors et remonte la rue d’Alésia, je suis un gueux, j’avance sur les chemins de Rimbaud, je me sens le jeune venu d’Armentières pour rencontrer la poésie. Je ne suis qu’un clochard qui marche dans la nuit mouillée du XIVe arrondissement. Je croise l’impasse Florimont.

Quand je ne travaille pas, tout est perdu d’avance. Je m’arrache pour chasser le « Hafidbad » qui sommeille.

Avoir du boulot est une obsession : pas n’importe lequel, un boulot d’acteur, un boulot où je me coule dans d’autres vies, d’autres rêves et désirs, d’autres colères ou fureurs.

Mon rêve c’est le métier d’acteur. Mon idole, mon modèle c’est Cassavetes.

Mon comédien français préféré c’est Daniel Auteuil et le Jean-Paul Belmondo d’À bout de souffle ou de Pierrot le Fou.

Je suis un comédien discret. Avec le temps j’ai rencontré beaucoup plus de personnes que ceux avec qui je travaille. Je connais beaucoup de réalisateurs importants et pourtant je n’ai pas eu l’occasion de travailler avec eux. Me manque souvent le déclic qui amène à se mettre en avant.

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Je suis devenu producteur car je ne pouvais rester à ne rien faire, à attendre que le téléphone sonne. Je fais. De tout, de l’écrit à la production.

“Mon père, en France depuis l’âge de 22 ans. Il a quitté, en 1958, ses montagnes berbères pour venir à Paris et entrer chez Renault-Billancourt. Amateur de la musique du Souss et de la poésie berbère, il jouait du “Ribab”, ce “violon” à une corde si particulier à la musique chleuh. 

Peut être, ai-je depuis toujours, voulu exprimer ses rêves, prolonger son songe d’un pays porté par la musique ; une terre loin du bruit obsédant des presses et machines broyeuses d’acier et d’hommes.”

Entretien réalisé par Jean-Pierre Garcia
Paris, 17 juin 2011


 

 


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